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« Membre du Conseil Pédagogique de l’Esnam, une de mes fonctions est d’accompagner les projets des étudiants pour leur diplôme. C’est ainsi que j’ai accompagné « Chut » de Sarah, sur un texte de Noëlle Chatelet. Elle a envie de faire de cette demi-heure, un spectacle plus long et c’est logiquement (parce que ça s’est bien passé entre nous !) qu’elle m’a demandé de poursuivre avec elle sur ce projet. Et c’est tout aussi logiquement que j’ai dit oui ! »
Sylvie Baillon
Dates de résidence au Tas de Sable :du 26 avril au 13 mai 2010
Présentation du travail : 10 mai 2010
D’abord étudiante à l’université de Nanterre en Arts du spectacle, Sarah Lascar acquiert une solide base de réflexion par rapport à la scène et à ses enjeux par l’approche théorique des grandes esthétiques théâtrales. Mais l’aspect théorique ne lui suffit bientôt plus, et elle décide de se former à l’art dramatique pendant deux ans, à l’Ecole du Samovar, dirigée par Franck Dinet, à Bagnolet. Elle y reçoit les enseignement de Philippe Dormoy en théâtre de texte, de Catherine Dubois en théâtre gestuel, de Marie-Claude Valez en chant et de Jean-Louis Heckel en théâtre d’objet et marionnette.
Puis, elle est élève à l’ESNAM. Ces trois années seront capitales dans son parcours. Elle s’y formera à bien des disciplines : art dramatique, mise en scène, construction, manipulation, dramaturgie. C’est à l’ESNAM qu’elle crée la forme courte de Chut….
A sa sortie de l’école, après un stage en construction de trois mois au sein la compagnie du Royal de Luxe, elle est embauchée en tant que
manipulatrice pour la nouvelle création de la compagnie, La géante du Titanic et le scaphandrier.
Elle commence également un travail autour de Calamity Jane dans le cadre d’un compagnonnage avec le collectif Label Brut, compagnie associée au Carré – Scène Nationale de Château Gontier.
Mise en scène Sarah Lascar
D’après La tête en bas de Noëlle Chatelet (Seuil)
Accompagnement à la mise en scène Sylvie Baillon
Construction et conception de la marionnette Juliette Belliard
Scénographie Juliette Belliard
Accompagnement à la construction Gabriel Hermand-Priquet
Avec
Cécile Doutey
Totzli Godinez de Dios
Guillaume Hunout
Création : octobre / novembre 2010 à la Maison du Théâtre d’Amiens
Chut… a été créé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette dans le cadre de projets de diplôme, en juin 2008. Sarah Lascar souhaite désormais en faire une forme longue, d’une heure environ, que Sylvie Baillon a souhaité soutenir.
Né d’une réflexion sur le genre, ce projet s’atèle in fine au sujet de l’hermaphrodisme à partir du roman de Noëlle Chatelet La tête en bas, retraçant l’histoire de Paul, quarantenaire…né Denise.
« Une histoire de construction, un spectacle de matières ».
Inspirée par l’écriture « matiérée » de Noëlle Chatelet, par ce roman – issu d’une histoire vraie – contant la construction d’une identité, d’une personne, c’est la notion de construction qui a guidé tout la création du spectacle et qui en est le mot d’ordre. Le spectateur assiste à la construction en direct d’une marionnette à taille humaine, faite de plusieurs matières, reflétant tantôt Paul, tantôt Denise.
« Ce projet est le fruit d’une longue réflexion autour de la question du genre : qu’est-ce qui fait de nous, humains, des hommes et des femmes, la Nature ou la Culture ? La Nature nous dote d’un sexe mâle ou femelle, mais être femme ou homme relèverait-il davantage de la Culture ?
Homme ou femme, est-ce un cloisonnement, un enfermement dans des modèles, des représentations ? Et quels modèles ? Et pourquoi (…)
La question du genre est un vaste labyrinthe où se côtoient anthropologues, biologistes, neurobiologistes, éthologistes, généticiens, psychiatres, historiens… sciences sociales, sciences humaines et sciences du vivant… Nature et Culture…
Après avoir beaucoup erré dans ce terrible labyrinthe, je tombe sur un sujet très particulier : l’hermaphrodisme.
Choisir l’hermaphrodisme pour parler du genre
Mon choix s’est fait presque automatiquement, comme un déclic. Il y a des personnes, dans nos sociétés ultra normées, qui ne correspondent pas à ces normes pour la simple raison que la nature les a dotées des deux sexes à la fois (c’est souvent plus complexe que cela). Jours après jours ils sont confrontés à leur différence et ne trouvent pas leur place dans notre cadre binaire d’identification sexuelle. La question du genre est au centre leur existence, malheureusement elle empoisonne bien souvent leur quotidien. Parler de l’hermaphrodisme sur un plateau de théâtre en sachant qu’on s’adresse à un public « normal », c’est interroger la « normalité », la remettre en question, lui porter un autre regard.
Je me suis alors mise en quête de témoignages. Travailler à partir du témoignage d’une personne me tenait à coeur. S’attacher à un point de vue subjectif pour parler de l’universel. Et puis on m’a conseillé de lire La tête en bas de Noëlle Châtelet, un roman. Pas n’importe quel roman. En refermant le livre, j’étais persuadée que c’était le texte dont j’avais besoin. »
Sarah Lascar