Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes

Direction artistique Sylvie Baillon
Co-responsable artistique Eric Goulouzelle

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Programmation

Les résidences 2009 - 2010

Aurélia Guillet – Collectif Image ½

« Aurélia a été assistante sur une de mes mises en scène (La Scie Patriotique). Ce projet, prise de parole d’une trentenaire, est aussi défendu par des artistes accueillis au Tas de Sable. Et je connais l’exigence d’Aurélia ».

Sylvie Baillon

Dates de résidence au Tas de Sable : du 19 au 25 avril et du 1er au 15 juillet 2010

Aurélia Guillet

Après un DEA d’Etudes Théâtrales et différents cours d’interprétation (Salant Weaver, Alain Recoing), Aurélia Guillet joue avec Célie Pauthe, Lucie Nicolas, Serge Pauthe et met en scène L’Ours et la lune, (Claudel - Cie A. Recoing). Elle entre ensuite dans la section mise en scène à l’école du TNS où, notamment, elle rencontre Krystian Lupa.
Elle est ensuite assistante de Daniel Jeanneteau, Stéphane Braunschweig, Jacques Nichet, Frédéric Fisbach et collaboratrice artistique de Claude Duparfait, Antoine Gindt, Célie Pauthe. Elle travaillera également avec Jacques Nichet en 09-10 sur La Ménagerie de verre de Tennesee Williams (Théâtre de la Commune).
Elle est chargée de cours pratiques en Études Théâtrales (Universités de Strasbourg et Poitiers) et met en espace des lectures au TNS (La Traite des peaux, Sébastien Harisson et Le Bus, Lukas Bärfuss).
Elle met en scène La Mission (Müller - Ecole du TNS), Paysage sous surveillance (Müller - Festival Premières du TNS), Penthésilée Paysage (Kleist / Müller – Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis - Prix du Souffleur meilleure mise en scène), La Maison brûlée (August Strindberg - TNS).

http://imageetdemi.blogspot.com/

Le projet : Entre (Métamorphoses)

Mise en scène et scénographie Aurélia Guillet
Écriture à partir d’improvisations et de travail documentaire, dramaturgie Arnaud Michniak
Montage film Flore Guillet
Image Pierre Carniaux
Costumes, élaboration plastique, collaboration à la scénographie Maud Hufnagel
Lumières et régie générale François Fauvel

Avec :
Maud Hufnagel,
Emmanuelle Lafon,
Judith Morisseau,
Hakim Romatif
et un acteur à distribuer

« A l’origine de ce projet, l’envie était d’essayer de capter l’air du temps à travers un travail documentaire pour inventer un geste théâtral pour aujourd’hui.
Parce que nous sentons une difficulté à représenter notre monde aujourd’hui, une difficulté actuelle à la libération et la circulation de la parole, une difficulté à imaginer le futur, à projeter, à affirmer.
Parce que nous sentons que les temps sont en train de changer, que, souterrainement, une régénération se cherche mais reste insaisissable.
Nous rêvons d’un spectacle qui mettrait au jour ces sensations non dites de notre époque, qui tenterait de les représenter, de les affronter, de les mettre en jeu.
Questionner des gens de notre génération (30-40 ans) était, au départ, pour nous, un moyen de mettre au jour ces sensations fuyantes. Ayant accumulé une certaine expérience, avec une entrée dans la vie de plus en plus tardive, singulière, personnelle, notre génération nous semble recéler une richesse d’expériences peu exprimée, qui pourtant peut nous éclairer sur la confusion de notre temps.
Cette maturité non encore advenue nous semble porteuse d’indices. Nous cherchons particulièrement à voir comment l’expérience de chacun, notamment ses ratages, ses blessures, ses renaissances, ses abandons, met à jour la sensibilité et la force de points de vue éclairants.
Au cours d’un premier travail d’entretiens, de rencontres, auquel a participé toute l’équipe, une multitude de questions, de réflexions sont apparues comme si elles tournaient avec récurrence autour d’une même chose que l’on arrivait pas à représenter, à dire. Comme si nous n’arrivions pas avoir une image de notre génération mais que, paradoxalement, cette absence d’image ou d’identité fixe pouvait devenir une force, l’envie et la source d’une invention, d’une création dans notre négociation avec la vie.
Nous nous sommes rendus compte qu’il nous était absolument impossible de dissocier aujourd’hui la question politique de celle de l’existence. L’envie est donc venue d’inventer une histoire afin de rendre compte sensiblement de ces sensations si difficiles à exprimer et pourtant si évidentes. 

Le processus que nous avions mis en place nous a imposé d’imaginer une fiction à partir de la réalité que nous avons ressentie durant cette première expérience, comme pour mieux la saisir (comme un précipité chimique). Remettre en jeu ce que nous avons vécu, entendu, à l’intérieur d’une situation inventée, nous paraissait la seule manière de la représenter, entre ce qu’il y avait de nommé et d’invisible, d’impalpable et de profondément vivant.
A travers ces entretiens, il est apparu avec évidence que l’émancipation de notre génération s’incarne, en premier lieu, dans la sphère intime (et des choix qu’elle implique), ce n’est qu’à partir d’elle que peut en découler une attitude politique. La question de l’intime à l’intérieur du collectif nous semble le pivot, le déclencheur : l’intime revient, même dans ce qui est collectif, il devient même à ce moment là, l’énigme à résoudre, ou à emménager. Aujourd’hui, paradoxalement, ce n’est qu’en déplaçant l’impasse politique (dans laquelle nous sommes) sur les questions humaines que l’on peut en sortir. Et l’impasse intime ne peut se rouvrir qu’en se réappropriant le politique. Il nous faut partir de ce qui est là, de ce qui est palpable (et aussi de notre mémoire et notre inconscient) pour envisager cette représentation de l’air du temps.

Nous avons imaginé une histoire simple, celle d’un couple qui aménage et qui invente sa propre réalité à partir de celle existante et de son contexte. L’idée est de faire que cette fiction puisse nous ramener au réel que nous avons filmé et d’imaginer que puisse en découler une adresse directe au spectateur, mais après en avoir rendu sensibles les enjeux et la vivacité par une situation. Cette sorte de dispositif fictionnel qui se dépasserait par lui-même, aucun texte déjà existant ne pouvait complètement la représenter. Il nous faut donc l’écrire, ensemble. Partir d’une intrigue imaginée et improviser à partir de ce que nous avons engrangé ».

Aurélia Guillet