Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes

Direction artistique Sylvie Baillon
Co-responsable artistique Eric Goulouzelle

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Programmation

Les résidences 2009 - 2010

Compagnie La Concordance des temps

« Maud est une ancienne étudiante de l’esnam et j’ai accompagné son diplôme. Elle a aussi été programmée dans Marionnettes en Chemins 2008, c’est une habituée ! »

Sylvie Baillon

Dates de résidence au Tas de Sable : du 7 au 29 septembre 2009

Présentation du travail : le 28 septembre 2009

Maud Hufnagel

Après des études universitaires de lettres et d’arts du spectacle, elle suit 3 ans de formation à l’ESNAM (école nationale supérieure des arts de la marionnette à Charleville Mezières) dont elle sort diplômée en juin 2002.
Après sa sortie de l’école, elle travaille comme marionnettiste (interprète ou plasticienne) avec des compagnies de théâtre, de cirque ou de marionnette (avec Lucie Nicolas, Laurence Mayor, le Théâtre de Sartrouville, l’Arkal - Christian Gangneron, Cie Baro d’Evel, l’académie Fratellini, Cie l’Art en gaine – Cyril Bourgois…).
Elle crée une petite forme solo, La mastication des morts de Patrick Kermann, qu’elle tourne de 2003 à 2006.
En juin 2007, elle crée avec Lucie Nicolas Madame rêve, bande annonce du festival M.A.R.T.O (jouée dans les 6 théâtres organisant ce festival).
Depuis Janvier 2007, elle tourne comme comédienne le spectacle Petit Pierre, co-mis en scène avec Lucie Nicolas, à partir du texte de Suzanne Lebeau et produit par le Théâtre de Sartrouville – Odyssées 78. Ce spectacle a été joué plus de 200 fois dans les Yvelines, en national et continue de tourner pour la saison 2008/2009.

Lucie Nicolas

Après des études d’économie, de Sciences Politiques (IEP Paris) et de théâtre (Paris III), elle travaille depuis 1996 en tant que collaboratrice artistique et / ou comédienne avec Jean-François Peyret, Sophie Loucachevsky, Laurence Mayor, Stanislas Nordey, Christine Letailleur, Madeleine Louarn, Maud Hufnagel, Aurélia Guillet, Sylvain Julien - Julien Tauber et en particulier avec Frédéric Fisbach.
Elle est membre du Comité de lecture du Jeune Théâtre National de 2002 à 2005.
Elle s’intéresse au croisement des disciplines sur scène (marionnette, danse, cirque, images projetées…). Avec sa compagnie La concordance des temps, elle met en scène Penser/Classer d’après Georges Perec, Contention, de Didier-Georges Gabily, ainsi que de nombreuses formes théâtrales « à installer partout ».
Elle fait partie du Collectif F71 avec lequel elle co-écrit, met en scène et interprète Foucault 71/ épisode 0 et Foucault 71/ épisode 1, la prison d’après l’oeuvre du philosophe Michel Foucault.
Elle poursuit depuis cinq ans un compagnonnage avec Maud Hufnagel, en collaborant notamment en 2007 à la création de Petit Pierre de Suzanne Lebeau et de Madame rêve.

Le projet : Pisteurs, Enquête théâtrale et marionnettique dans le monde du cirque

Un projet imaginé par Maud Hufnagel et Lucie Nicolas
Mise en scène Lucie Nicolas
Lumières, vidéo Daniel Lévy
Construction Max Potiron
Régie générale Frank Condat
Administration de production Bruno Sébag

Avec : Maud Hufnagel et Yvan Corbineau
et la participation de François Grosjean

Spectacle tout public à partir de 12 ans
A installer en théâtre ou hors-les-murs

Création prévue : automne 2009

Pister
Suivre la piste. Epier. Attention on nous piste ! - V. Filer.
Piste
1° Trace que laisse un animal sur le sol où il a marché. V. Foulée, voie. V. Dépister. Piste de troupeaux. V. Draille. – Fig. Chemin qui conduit à qqn ou à qqch. ; ce qui guide dans une recherche. Brouiller les pistes, rendre les recherches
difficiles, faire perdre sa trace. Sur la piste. La police est sur sa piste. Cela m’a mis sur la (bonne) piste, m’a aidé à trouver. - 2°Traces des chevaux dans un manège ; partie du manège où ils marchent. Terrain tracé ou aménagé pour les chevaux de course ou de concours. Piste intérieure, extérieure : petite, grande piste d’un hippodrome. Grand ovale ou anneau de cendrée, de bois, de ciment, etc., où se disputent les courses. Piste cendrée. Piste d’un vélodrome, d’un
stade. - 3° Emplacement souvent circulaire, disposé pour certaines activités (spectacles, sports). Piste de danse, de patinage. - 4° Chemin non revêtu (notamment en pays peu développé). Piste pour cavaliers, en forêt. Piste pour skieurs, tracée sur la neige. – Partie d’un terrain d’aviation, aménagée pour que les avions y roulent. Piste d’envol, d’atterrissage. - 5° Ligne circulaire d’un support magnétique (disque, bande, tambour) sur laquelle sont enregistrées des informations. Une cartouche huit pistes. – Piste sonore, piste synchronisée avec un film de cinéma
.

In Petit Robert de la langue française

Pourquoi le cirque ?
« Certains dompteurs utilisent la violence. Tu peux essayer de dompter ton fil. Méfie-toi. Le fil de fer, comme la panthère et comme, dit-on, le peuple, aime le sang. Apprivoise-le plutôt. »

Jean Genet, Le Funambule

Qu’est ce qui fait la spécificité des arts du cirque ? En quoi les numéros des circassiens nous fascinent-ils ?
Ils tentent de repousser les limites du possible.
En plus d’affronter le risque de la scène, ces interprètes nous livrent leur corps aux prises avec les lois de l’anatomie et de la physique : risque mortel, risque « que ça rate », risque de la chute, risque de perdre la face.
Le cirque nous intéresse car il pousse à bout la question de l’engagement et du travail de l’artiste dans une société du « risque zéro ». Une société qui a pour hantise l’insécurité, qui cherche un responsable à chaque accident. Au cirque, on accomplit des actes réels, non simulés, (le funambule marche sur son fil pour de vrai). On lance un défi aux lois de la gravité, de l’équilibre et rien ne garantit l’issue de ce défi. Les circassiens basent leur travail sur une connaissance
intime de ces lois tout en repoussant toujours leurs limites. Cette mise en danger publique du corps captive le spectateur. Même lorsque l’issue du numéro nous apparaît évident, le chemin pour l’atteindre suffit à produire du suspense, à faire spectacle. En questionnant le cirque, avec nos propres moyens, le jeu et la manipulation d’objets, nous voulons retrouver cette tension, pister ce danger au présent.

Notre enquête : trois pistes…
« A sa manière, Jules-Etienne Marey enquête sur le mouvement des corps : décomposition et reconstitution d’un saut par le moyen d’un trucage photographique.»

Jules-Etienne Marey, Chronophotographies

Nous enquêtons, nous nous appuyons sur des matériaux du réel. Nous rencontrons de nombreux circassiens, de disciplines et d’univers très différents. Au moyen d’un questionnaire, nous les interrogeons sur leurs pratiques, leurs disciplines, leurs numéros, leurs peurs et les limites qu’ils rêvent de franchir ; sur le danger qu’ils encourent, les risques qu’ils ont l’impression de prendre ou non. D’autre part, nous travaillons à partir de numéros de cirque réels. Numéros
d’archives, captations de spectacles, numéros décrits et exécutés par les artistes que nous rencontrons et numéros rêvés, numéros utopiques après lesquels ils courent.

Extrait d’entretien avec Sylvain Julien, jongleur
« En fait j’aimerais, enfin si c’est possible, faire une petite chose en équilibre sur mes balles, où je suis sur mes balles.
Les balles, elles sont au sol, elles sont rondes, elles roulent. Et moi je suis en équilibre dessus et ça crée une espèce de… C’est dur en fait, c’est dur mais c’est riquiqui : je suis à 7 cm du sol. Et c’est dur, mais c’est pas grand-chose. Et ça crée physiquement… Il y un danger qui existe. En tous cas, c’est ce que j’aimerais réussir à faire : un danger qui existe à 7 cm du sol. Et c’est réellement dangereux en plus !
Et j’aimerais bien, j’y réfléchissais l’autre jour, j’aimerais bien pouvoir à un moment... C’est un peu magique c’t’histoire et p’t’être qu’il y a besoin de quelque chose…
J’aimerais bien si y avait moyen et je pense qu’il y a moyen, j’aimerais bien à un moment : « Hop ! » voler, juste trois secondes, voler à moins de 10 cm du sol. »

En parallèle, nous rencontrons et filmons d’autres personnes appartenant à des milieux concernés par le risque (assureur, vigile, mathématicien, avocat, sociologue, professionnels de la sécurité…). Leurs propos, intervenant en pointillés dans le spectacle par le biais de projections vidéo, proposent un contrepoint et mettent en relief le point de vue des circassiens.

Le texte et l’écriture scénique
C’est à partir de ces entretiens retranscrits que nous écrivons le texte de Pisteurs. Coupées, remontées, imbriquées pour construire la dramaturgie du spectacle, les paroles des circassiens constituent la colonne vertébrale de notre spectacle. Nos deux interprètes s’emparent de ces propos, à la première personne, à leur place.
Ils les incarnent.
Tour à tour Maud Hufnagel et Yvan Corbineau jouent à être funambule, contorsionniste, jongleur, voltigeuse, trapéziste… Ils empruntent l’identité des personnes que nous avons rencontrées pour raconter leur expérience du risque au cirque. A l’appui de leur discours, ils réalisent des numéros avec leurs véritables outils : marionnette et manipulation d’objets. Ils expérimentent par le biais de la matière ces mêmes lois physiques et ce danger auxquels les circassiens soumettent
leur corps. Mais leurs moyens ne sont pas les mêmes et leur impossible non plus.

Risque et manipulation
Par exemple : Un funambule marche sur un fil. C’est une petite marionnette métallique. Elle manque de tomber. Les manipulateurs la font évoluer sur le fil et la maintiennent en équilibre sans jamais la toucher.
Dans la paume de chaque manipulateur, un aimant. Avec d’autres matériaux, ils retranscrivent la fragilité et le risque, sans filet, face au public. Ces numéros, parfois réalistes, parfois poétiques flirtent à leur manière avec les frontières du possible. Au fur et à mesure du spectacle, l’enquête se déplace. Documentaire et fiction se mêlent. Les codes se troublent. Usurpation, illusion et trucage prennent le pas sur le réel. Nous avons bien sûr en tête, le cirque d’Alexandre Calder :
« Mon premier acrobate était un sauteur qui avait des jambes en fil d’acier, des mains en plomb, le corps vêtu en velours jaune et une tête faite d’une tranche de bouchon, avec des cheveux et moustaches peints à la gouache. On le laissait tomber sur ses pieds et après plusieurs tours et avec un peu de chance, il retombait sur ses mains. »

Dispositifs de vidéosurveillance et projection
Différents dispositifs vidéo très simples, (caméras de vidéosurveillance, rétroprojection, ombre…), manipulés sur scène devant le public, captent des manipulations miniatures pour les projeter en grand. Les spectateurs sont à la fois témoins de la fabrication du numéro en direct et de son rendu projeté. Ils peuvent choisir de suivre la construction du numéro et sa machinerie avouée ou l’illusion complète de l’image sur l’écran. Comme nous ne sommes pas au cirque, nous nous autorisons toute forme de trucage possible, souvent visible, invisible parfois, (une référence à Méliès et aux films d’animation).
Par exemple : des acrobates construisent une pyramide humaine. Au fur et à mesure qu’elle s’élève, les points d’appuis s’avèrent fantaisistes. Ils tiennent en équilibre sur un doigt, par les cheveux… Leurs corps assemblés sur une table de
rétroprojection, à l’horizontale, une fois projeté à la verticale, semble évoluer dans un espace en apesanteur.

L’esthétique se veut artisanale, même dans l’usage de technologies actuelles. Le son, (bruits de corps, d’agrès, de chutes…), mélange d’enregistrements et de son direct est également maîtrisé par les interprètes. Ces projections sont données à voir sur des écrans inclus dans la scénographie.

La scénographie
Sur le plateau, une scénographie modulable, inspirée des agrès et des matériaux en usage dans les chapiteaux (toile, filins d’acier, corde…). Des cadres articulés et mobiles, à la manière de paravents tendus d’écrans modulables nous
servent à la fois de castelet et surface de projection. Comme au chapiteau, on installe les agrès avant chaque numéro. Un fil est tendu entre deux portiques sur lequel évolue le funambule. L’espace se défait, une courte vidéo ou des ombres chinoises se dessinent sur l’écran. Celui-ci se rétracte, apparaît un trapèze, accroché au portique d’acier du cadre…

« Mais où croît le danger, là croît aussi ce qui sauve. » Hölderlin

Usurpation d’identité, prise de risque sérieuse ou fantaisiste, numéros réalistes ou illusionnistes, ce jeu de pistes autour du risque construit un théâtre documentaire insolite, proche de nos propres questionnements.

Maud Hufnagel et Lucie Nicolas

Coproduction : Pronomades en Haute-Garonne – Centre national des Arts de la rue, Scène Nationale d’Aubusson – Théâtre Jean Lurçat, l’Estive – Scène Nationale de Foix et de l'Ariège, Le Tas de sable – Ches Panses Vertes, Pôle des arts de la marionnette en région Picardie, missionné par le Ministère de la culture et de la communication au titre du compagnonnage marionnette et Arcadi.
Avec le soutien de l’Espace Périphérique (Ville de Paris - Parc de la Villette),de l’ACADÉMIE FRATELLINI et de Et compagnie, et l’aimable participation de François Grosjean.

Production déléguée : La Concordance des Temps.

Arcadi